Notre Dame

VIDEO. Incendie de Notre-Dame de Paris : les premières images de l’intérieur de la cathédrale https://www.francetvinfo.fr/culture/patrimoine/incendie-de-notre-dame-de-paris/video-incendie-de-notre-dame-de-paris-les-premieres-images-de-l-interieur-de-la-cathedrale_3400579.html#xtor=CS2-765-%5Bautres%5D-

Je sais que cela peut paraître ridicule mais de voir l’intérieur de Notre Dame m’a rassurée. Les dégâts sont importants c’est sur mais elle se relèvera de ses cendres.

Il a fallu 107 ans pour construire la cathédrale. Un travail colossal porté par plusieurs générations. Après les bâtisseurs, d’autres ont continué à faire vivre et même revivre la grande dame tant d’un point de vue architectural, comme Violet le Duc, qu’au travers de la littérature comme Victor Hugo. C’est à notre génération et aux suivantes, désormais, d’apporter notre pierre à l’édifice et de lui rendre sa splendeur.

C’est une entreprise titanesque et en même temps tellement symbolique. Si l’on pense à tous ceux qui au cours des neuf siècles de son existence ont contribué à son édification et à son entretien, il me parait impossible de ne pas être là, de ne pas reprendre le flambeau pour que, à nouveau, Notre Dame resplendisse.

Peut-être que ce drame est un signe du destin pour nous rappeler combien il est important de rester uni. La tristesse des personnes qui dans un silence recueilli assistait impuissant, cette nuit, au désastre m’a frappé. Les regards tous tendus vers Notre Dame.

Les visages abattus, en larmes pour certains. Les personnes de tous les horizons et de toutes cultures et nationalités qui, touchées par l’émotion, regardaient dans la dignité les flammes dévorées l’édifice. Et c’est cette dignité que je veux me rappeler. Les déchirements oubliés. Les regards tournés dans une seule et même direction.

C’est aussi cela Notre Dame. Un guide qui montre le chemin, qui rassemble dans la joie mais aussi la tristesse. Un signe pour nous dire qu’il est temps de nous unir pour une tache plus grande que nous-mêmes. Plus grande que le temps. Plus grande que nos existences. Qu’il est temps nous aussi de changer. En rebâtissant Notre Dame c’est nous-mêmes que nous élevons, nous-mêmes qui grandirons à travers elle.

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Les Fleurs de la haine

J’ai reçu un courrier d’All Out demandant une donation pour aider à sauver les personnes LGBT+ en Tchéchénie, et lu les articles accompagnant le courrier.
Quand on lit ce genre de tragédie, le monde prend une tournure effrayante. Et parfois je me dis que c’est un combat perdu d’avance que l’homme est, comme dit la citation, un loup pour l’homme et qu’il y a peu d’espoir qu’il change un jour. A croire que les atrocités du passé ne sont là que pour nous rappeler combien l’homme est monstrueux avide de pouvoir et de domination se nourrissant de la peur et de la haine. Et que des mots fraternité, égalité et liberté ne sont plus que des mots vains, vides de sens. Et les erreurs du passé, comme on se plait à les appeler ne sont au final pas des erreurs mais bien une volonté affirmée. Et que l’homme n’est que destruction et oppression. Que la balance entre la malveillance et la bienveillance n’est qu’un perpétuel combat. Le Yin et le Yan embrassés pour l’éternité. Un équilibre fragile toujours prêt à basculer.
Et on se demande comment éradiquer la haine, la peur, l’incompréhension de l’autre. On voudrait que cela soit possible mais au final il y a peu d’espoir de voir un jour l’Homme acquérir suffisamment de sagesse et de recul pour y arriver. Cela demande des sacrifices qu’aujourd’hui l’humanité ne semble pas prête à faire. En dépit du polissage des siècles, l’être humain n’en reste pas moins un être primaire et aucun outil aussi technologique soit-il ne changera ce fait. A moins d’une prise de conscience globale et sincère, des atrocités comme celles qui ont eu lieu au cours des siècles de notre évolution perdureront à travers le monde.
Sur un terreau de haine seules les fleurs de la terreur fleurissent.
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Articles :

Un long silence

Un long silence. Des mois et des mois de silence, que je brise aujourd’hui.

Il y a des moments dans la vie, ou l’on se retrouve confronté à l’inévitable désespoir de perdre un être cher après de longs mois de maladie. Et dans cette attente emplie d’espoir et de crainte, on fait souvent l’erreur de se couper du monde.

On traverse des moments déchirants de cruauté à regarder s’en aller un être chéri. Pour qui on ne peut être désormais que l’accompagnateur et le spectateur impuissant à soulager la douleur, l’angoisse. On voudrait crier notre rage à voir cette putain de maladie détruire peu à peu la personnalité, l’identité, l’essence même de cet être. Lui ôtant avec un malin plaisir, bribe par bribe, sa dignité.

Il y a quelque chose de terrible à voir se déliter jour après jour l’esprit d’une personne qui vous a élevé, qui fut votre guide. Une personne qui fut aimer, désirer, qui aima et désira en retour. Main dans la main suivant le chemin de sa destinée avec celui qui durant quarante-cinq ans lui offrit un amour indéfectible. Un bonheur sans histoire presque irréel de perfection et pourtant si vrai, si tendre. Le souvenir de cet amour, de celui de ses enfants lui fut arraché sans aucune pitié.

Alors le silence vint. Annonçant l’inévitable. Car cette maladie ne se contente pas que de dévorer votre âme, quand plus rien ne reste, elle s’attaque au corps. Ce corps qui au fil des jours devenait une coquille dévastée, désertée. Alors vint la douleur. Une douleur telle que même l’effleurement d’une caresse devenait torture.

Ma mère ne parlait plus depuis quelques semaines. Emmurée dans son silence. Un sourire quand elle me voyait passer la porte de sa chambre d’hôpital qui finit au fil des jours par disparaître, quand vint le refus de toute nourriture. Mais pas un seul mot. Les seuls sons qui sortaient de sa bouche n’étaient que cris de souffrance dès lors qu’on la touchait. Dans ses yeux dansaient encore une petite flamme résistante qui finit par s’éteindre ne laissant place qu’à un regard vide et vitreux.

Tout le temps de son agonie, je la regardais mourir de faim, car au final c’était cela qui arrivait. A la regarder, son agonie devenait la mienne. Sa douleur, ma douleur. Je la suppliais de se battre. Mais mes larmes et mes supplications restaient lettres mortes. Le temps était venu ou plus rien n’était possible, ou tout avait été tenté. La médecine ne pouvait plus rien pour elle si ce n’était soulager ses douleurs tant mentales que physiques, en attendant l’inéluctable fin. Alors vint le cortège des adieux.

Et, après huit années d’un combat quotidien, ma mère a enfin retrouvé la paix de l’âme.

Parents-baniere